1er travail, le dégarnissage..
11/01/2011 16:50 par meubles-restauration-peaudane
On prend garde de ne pas rayer le bois avec les outils et aussi, bien sûr, de ne pas casser le cerclage en plomb.
Une chaise cambrée dont le cuir à bien vécu..un travail délicat s'annonce..on remarque dans le style louis philippe le côté robuste . C'est à partir de cette époque que le meuble commence à être fabriqué en grande quantité ,on retrouve les inspirations dans le moyen-âge puis surtout dans la Renaissance et la Restauration..Sycomore et citronier sont souvent les placages utilisés. C'est en 1809 que Louis Philippe épouse une Princesse de Bourbon qui n'est autre que la nièce de Marie Antoinette, 10 enfants naissent de ce mariage..mais la grande crise économique conduit Louis Philippe (déguisé en paysan) à s'enfuir en Angleterre, craignant d'être décapité comme Louis XVI , Pays ou il mourra , En 1876 son corps et celui de sa femme furent transférés à la chapelle Royale qu'il avait fait construire à Dreux en 1816...sa devise
"Enrichissez vous par le travail et par l'épargne"
Une des revues de presse récente, qui explique une patine utilisée dés le XVI éme siécle, mais.. vraiment importante car elle concerne les plus beaux décors de films que l'on garde en mémoire, et aussi , en visitant les musées de Florence ...elle est présente partout.....à vous de deviner sur quels types de meubles, sur quels cadres, et pourquoi certains hommes prestigieux l'exigent en leur propre habitat, elle est présente partout ......En achetant la dernière revue " RUSTICA " vous comprendrez le rapport entre la nature, les plantes, l'artisan d'art, et le journaliste qui, lui, aussi à fait la symbiose... En lisant cet article,certains comprendront peut être que peindre un meuble à toujours éxigè des connaissances profondes de l'histoire de l'Art et des techniques utilisées depuis bien des siècles AVANT Jesus-christ.
Alors que je terminais la pose de ce beau tissu, un ami Antiquaire vient me rendre visite nous parlions de Louis XV et des fauteuils de ces époques et je lui dit " Moi les fauteuils XVII et XVIII ème , je les aimes bien rembourés comme ils étaient à ces époques , qu'en penses tu? il marque un temps d'arrêt,prend un air sérieux , me regarde , et me rétorque " oui, celui - ci est sacrément bien bourré !!! c'est simple , on dirait le chauffeur de Lady DI " Ra lala ces Antiquailles j'vous jures!! toujours le mot pour rire...
Outils du tapissier.. pied de biche, Houzeaux,cutters toujours affutés comme des scalpels ( en 2010 on affute pas , on jette , car le temps est précieux et, seule une machine est capable d'affuter un cutter) puis le gros pinceau pour un nettoyage permanent d ce qui peut salir la belle étoffe, et bien sûr semences ( en 4 longueurs différentes) On pense que Gourdin eu inventé ce style de siège ( à fleurettes) nè en 1738 il fut l'un des meilleurs menuisiers en siège Rocaille ou dit Louis XV à fleurettes, ces ateliers étaient fixés dans la rue de Clèry (Paris) Son fils , nommé " Gourdin le jeune" travaillait pour le service de la chambre en 1772 ( c'est à dire les commandes privées de la reine marie-Antoinette) On retrouve chez ce grand menuisier des formes Louis XV avec , curieusement des ornements Louis XVI, Les patines étaient souvent de gris ( clairs et sombres) et cette période est une des + riches dans le domaine des patines, c'est celle des grands peintres-doreurs de la fin du style Régence jusqu'au début du néo classicisme ( 1729-1776)
Tout en rembourrant généreusement ces fauteuils , je n'ai pu m'empècher de pensé à certaines réflexions de ce Roi Louis XV, comme par exemple: louis XV en s'adressant à son intendant chargé de commandes de sièges:
" Cher ami, avez vous tenté de donner l'esprit des sens à votre bien aimée, sur la terre battue? Croyez moi, il est infiniement plus aisé de procréer sur une couche généreuse"
.Les grands Maîtres ébéniste de Louis XV 1750-1760 ( dont un bon tiers était Hollandais ou encore Allemands) Un des + grands était Van Risen Burgh précurseur de Boulle réalise les + belles pièces en marqueterie.Certains se formaint comme apprentis ou compagnons dans les ateliers , d'autres étaient privilégiés par les congrégations religieuses, mais tous, passaient des années d'apprentissage avant de présenter leurs oeuvres dans le but d'obtenir leurs lettres de maîtrise. Certains artistes étaient protégés par le Roi et exerçaient à l'Arsenal comme Riesener et Molitor, d'autres pourtant très doués n'étaient pas autorisés à utiliser leur estampille( c'était strict à l'époque !!! ) En tout cas les chefs d'oeuvres sont souvent signés Risenburgh,Jean françois Oeben , Jacques Dubois ( le bien nommé) spécialiste de polychrome chinoisés,Joseph ( les grandes commodes en laque du Japon), Pierre II de Migeon ( maître en 1761) Baumhauer,Jp latz, Criaerd (maître en 1738) leonard Boudin spécialisé dans les marqueteries florales,Roussel,Il y à aussi et il compte !!! Lacroix,,qui le pauvre, à fait faillite car il n'était jamais payé par la Cour!! ( tout comme certains grands Chefs Cuisiniers aux mêmes époques ) et quelques autres pourtant, très doués et illustres ont subit le même sort..c'est pour cela que je demande 25 pour cent à la commande en tant que tout petit et modeste artisan..... Mais mes clients sont de gens fort simples.( même mes clients Châtelains sont de grande simplicité, la simplicité n'est t elle pas la grandeur?) ,En tout cas , au même titre que j'honore leur commande, mes clients honorent leur chèque...
Le travail de tension et de pose sur ce style de tissu est très agréable, car il permet, de "jouer" avec la création.. Que l'homme qui pénètrera dans la pièce ou seront exposés ces bergères, me jette la première pierre, s'il ne pense pas a des seins de femme, en regardant les angles de ces fauteuils Louis XV ( Souvenez vous ces grands couturiers dans les années 60' qui faisaient des robes et soutien-gorges en métal , Jean louis Sherrer, et André Courrèges, les coins de ces fauteuils m'y font pensé.
En posant cet étoffe je ne peux m'empécher de penser aux grands Maîtres (menuisiers en sièges) parisiens du XVIIIeme qui avaient tous leur atelier dans le quartier Bonne nouvelle de Paris, alors que les ébénistes de renom étaient , eux , plutôt vers la Bastille.Pour moi , les + grands sont les suivants: Delanois( maître en 1761) spécialiste des pieds cambrés terminés en volutes.Foliot ( 1729) , était + spécialisé dans les feuilles d'acanthe qui remontaient sur les accotoirs ,Cresson ( reçu maître en 1738) , quand à lui , était doué pour les chauffeuses originales pour l'époque .Les accoudoirs en "coup de fouet" étaient souvent l'oeuvre du grand Heurtaut ( nicolas de son prénom et maître en 1755) Les dossiers plus simples ( dits: mouvementés ) étaient très souvent estempillés Louis-Charles Carpentier maître en 1752.Mais Jean Gourdin dit " père Gourdin" reste un de mes préférés, ses fauteuils sont très travaillés avec pieds cambrés à enroulements et cartouches. Il y a aussi les riches décors de Meunier ( etienne), les ceintures sinueuses de Nadal l'Ainé dont les dossiers finissent souvent en pointe vers le bas.Les petits fauteuils , quand à eux , étaient souvent l'oeuvre du grand Pluvinet reçu maître en 1754 mais les belles laques d'un blanc salit ( comme j'aime) ....; c'est souvent Pothier maître en 1750 spécialiste de dossiers rectangulaires ( comme jb Boulard) ,Revenons a ce qui nous occupe (les fleurettes, souvent les fauteuils de ce style sont estemplillées J. Avisse reçut en 1745 quand à lui.( grande famille de menuisiers en sièges parisiens , Il s'est d'ailleurs marié à la fille d'un grand nom de qualité de sièges en hêtre et noyer Anne-marie Gourdin et.devinez de quoi ils parlaient dans le lit conjugal ?.ben , non , pas du tout de sieges.....mais d'Amour bien sûr !!!